Une fenêtre de navigateur affichant une page « Générateur de portraits IA 100 % GRATUIT », recouverte d’une cascade de fenêtres : saisissez votre e-mail pour voir vos résultats, vos portraits sont dans la file d’attente, créez un compte pour passer devant, continuez avec Google, Apple ou e-mail, et importez au moins 6 de vos meilleures photos
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Nous avons testé 30 générateurs de portraits IA gratuits avec un selfie. Quatre ont fonctionné.

Un selfie synthétique, les réglages par défaut, et le relevé de tout ce que chaque outil réclame avant d’afficher une image. Quatre outils sur 30 ont renvoyé un portrait de la bonne personne sans compte ni e-mail ; l’un des quatre est le nôtre. Les 26 autres se sont arrêtés à un champ e-mail, une connexion, un envoi de six photos, une file d’attente, une liste déroulante « origine ethnique » – ou ont renvoyé la photo de quelqu’un d’autre.

Cherche en anglais « free AI headshot generator » – générateur de portrait IA gratuit – et les deux premières pages de résultats annoncent « gratuit » dès le titre. Nous voulions savoir ce que « gratuit » coûte en pratique : un e-mail, un compte, d’autres photos, une attente, un filigrane, une résolution rabotée, ou un visage qui n’est pas le tien.

Nous avons donc envoyé le selfie d’une seule personne à tous les outils proposant un essai gratuit, en un après-midi, en notant chaque écran.

En bref

  • Quatre outils sur 30 ont renvoyé un portrait de la personne du selfie, sans compte ni e-mail : Magic Hour, VisualGPT, Pixelbin et notre propre Close Enough. Trois autres ont renvoyé une image téléchargeable, mais c’était quelqu’un d’autre (Supawork, deux fois) ou le selfie d’origine sur un nouveau fond (Magic Studio, AiProPortrait). Dans 17 cas, nous nous sommes arrêtés devant un mur que nous ne voulions pas franchir. Les six derniers n’offraient aucun essai gratuit.
  • 14 des 30 exigeaient un compte avant d’afficher quoi que ce soit. Onze d’entre eux annoncent « gratuit » ou « sans inscription » dans leur titre. Deux ne demandaient qu’une adresse e-mail. Aragon voulait un e-mail, un compte et six photos. Trois font passer la version gratuite par une file d’attente : un compteur de 14 minutes qui n’a jamais bougé, une liste d’attente « susceptible d’être suspendue », et une page qui annonce 60 à 90 jours.
  • Deux outils changent le nombre de photos une fois que tu as commencé. « Importez un selfie » devient « Importez 3 photos ». « Importez votre photo » devient « au moins 6 de vos meilleures photos », plus votre e-mail.
  • « Illimité » apparaît sur deux pages. L’une d’elles annonce « 2 images gratuites par jour » dans l’outil lui-même.
  • Cinq outils se classent sur « gratuit » sans proposer la moindre offre gratuite. L’un des cinq est un essai sur l’App Store qui se transforme en abonnement hebdomadaire. Une sixième adresse est un article de blog, pas un outil.
  • Offrir un portrait coûte à l’éditeur entre 0,003 et 0,04 $ de calcul. Les murs ne sont pas là pour économiser du calcul. Un générateur gratuit est un canal d’acquisition, et chaque mur est le prix que l’éditeur a mis sur la visite : rien, un e-mail ou un compte, ou une page qui n’allait jamais rien livrer.
  • Notre propre générateur gratuit fait partie des 30. Nous l’avons testé et noté exactement comme les 29 autres.

Notre protocole

L’échantillon. Les outils présents dans les deux premières pages de résultats de recherche pour « free AI headshot generator » le 15 septembre 2026, plus tous ceux cités dans les dix articles « best free AI headshot generator » qui se classent sur cette même requête, doublons retirés. Cela fait 29. Notre propre générateur gratuit porte le total à 30.

L’entrée. Le selfie d’une personne qui n’existe pas : un personnage synthétique issu des exemples de notre page d’accueil, cheveux bouclés, taches de rousseur, photo prise au téléphone dans un salon. Un visage synthétique permet d’envoyer le même fichier à 30 entreprises sans demander l’autorisation de qui que ce soit, et chaque outil reçoit la même entrée à la même résolution.

Le selfie de départ : une femme d’une trentaine d’années, cheveux bruns bouclés et taches de rousseur, en t-shirt rouille, photographiée au téléphone dans un salon, avec une bibliothèque et une plante en pot à l’arrière-plan

L’unique entrée. Une personne synthétique, un selfie au téléphone, envoyé tel quel aux 30 outils.

Les règles, fixées avant le premier envoi :

  • Les réglages par défaut partout. Premier style proposé, premier arrière-plan, aucune optimisation de prompt. Un essai par outil. Un deuxième essai uniquement là où le premier n’a produit aucune image, ou une image manifestement issue de mauvaises réponses : Supawork (notre script a mal rempli son questionnaire au premier passage), Pixelbin, YouCam.
  • Consigner chaque demande. Nous avons capturé chaque écran entre la page d’arrivée et la première image, et noté ce qu’il réclamait : compte, e-mail, carte bancaire, photos supplémentaires, questionnaire, file d’attente, installation d’une application.
  • S’arrêter au premier mur que nous refusions de franchir. Pas de compte, pas d’e-mail, pas de carte bancaire, pas d’application à installer. Quand un outil voulait trois, cinq ou six photos, il a reçu le même selfie autant de fois. C’est le seul moyen de comparer 30 outils sans livrer une boîte de réception à 29 entreprises.
  • Surveiller les compteurs. Quand un outil affichait une attente, nous avons attendu, puis rechargé la page.
  • Enregistrer le résultat. Dimensions, filigrane, et ressemblance du visage avec la personne du selfie. Nous avons jugé la ressemblance à l’œil ; nous ne l’avons pas mesurée.

Le dispositif. Les essais étaient automatisés : Chromium piloté par Playwright en 1440 × 900, depuis une adresse IP européenne, avec un profil neuf pour chaque outil. Certains sites traitent les navigateurs automatisés autrement que les visiteurs humains ; quand un essai semblait bloqué plutôt qu’arrêté par un mur, nous l’avons donc refait à la main dans un navigateur normal, le jour même. Trois outils étaient concernés. Pixelbin avait opposé un hCaptcha au script ; à la main, aucun CAPTCHA, et un portrait en 40 secondes environ. YouCam renvoyait une erreur 404 après l’envoi ; à la main, l’essai a atteint le choix des packs de crédits et un mur d’inscription. Le compteur de la file d’attente de HeadshotPro n’avait pas bougé en 35 minutes ; à la main, il n’a pas bougé davantage. Le registre affiche le résultat obtenu à la main pour ces trois outils. Notre propre outil a lui aussi été lancé à la main, sur la page de production, avec une seconde prise du même selfie synthétique, issue de la même séance. Les essais ont eu lieu entre 14 h et 15 h 30 UTC.

Version 1.0, 15 septembre 2026. Nous n’avons pas transmis ces constats aux entreprises avant publication. Chaque ligne décrit une page publique telle qu’un visiteur ordinaire l’a vue cet après-midi-là. Si un éditeur estime qu’une ligne est fausse, qu’il écrive à support@closeenough.ai. Nous relancerons son parcours et corrigerons la ligne avec une note datée. Le relevé brut, avec tous les chiffres de cet article, est disponible sur demande.

Le registre

30 sur 30 outils

Un selfie, le 15 septembre 2026. Ouvre une ligne pour voir ce que l’outil a demandé et ce qu’il a renvoyé.

Légende

La même personne
La personne du selfie, à notre œil
Une autre personne
Une personne générée, pas celle du selfie
Fond remplacé
La photo d’origine sur un nouveau fond
Nous nous sommes arrêtés
Un mur que nous n’avons pas voulu franchir
Ce que l’outil exigeait avant la moindre image
Une limite sur l’image gratuite : un filigrane, ou un fichier en basse définition (720 pixels ou moins)

Toutes les captures datent du 15 septembre 2026.

Trois réserves. Nous avons noté un après-midi ; une page peut être différente demain. Les lignes « aucune offre gratuite » n’ont rien fait de mal, sinon se classer sur un mot qui ne les décrit pas. Et un mur d’inscription est un prix légitime. Ce que le registre consigne, c’est si la page annonce ce prix avant que tu n’envoies ta photo.

Ce que cet audit ne peut pas te dire

  • Un seul visage ne fait pas un test de biais. Tous les résultats viennent d’une seule femme synthétique à la peau brun clair. Rien dans cet article ne mesure la façon dont ces outils traitent les peaux plus foncées, les visages plus âgés ou les lunettes. Il faudrait pour cela un jeu de visages couvrant l’échelle de Fitzpatrick, et ce serait un autre article.
  • Un après-midi, une adresse IP, un navigateur. Ces parcours font l’objet de tests A/B et varient selon le pays. Le mur que tu rencontreras peut différer du nôtre.
  • Nous n’avons jamais franchi un mur. Nous ne pouvons pas dire si ce qui se trouve derrière la connexion de BetterPic ou la liste d’attente d’Aragon vaut quelque chose. Le registre note le chemin jusqu’à la première image, pas l’image derrière une porte que nous n’avons pas ouverte.
  • L’automatisation se voit sur certains sites. Trois essais qui semblaient bloqués ont été refaits à la main (Pixelbin, YouCam, HeadshotPro ; voir la note sur le dispositif plus haut). Deux ont changé de résultat ; le registre affiche celui obtenu à la main. Les 26 autres essais automatisés n’ont pas été refaits à la main.
  • Nous avons jugé la ressemblance à l’œil. « La même personne » et « Une autre personne » sont nos verdicts. Les images sont dans l’article : tu peux te faire les tiens.
  • Notre propre ligne a été obtenue à la main, sur la page de production, avec une seconde prise du même selfie synthétique, choisie par nous, et notée par le même œil que les autres lignes.
  • Quatre points que nous n’avons pas pu vérifier : si le compteur figé de HeadshotPro et la liste d’attente d’Aragon reflètent une demande réelle (les deux sont annoncés sur la page ; nous n’avons aucune preuve dans un sens ni dans l’autre) ; les tarifs hebdomadaires de Remini (relevés sur des sites tiers) ; les filigranes de l’offre gratuite chez Media.io et Fotor (formules publiées, pas un essai) ; et le prix de Secta (avis de sites tiers).

Les murs

Tous les outils qui n’ont pas simplement livré nous ont arrêtés à l’un de ces cinq endroits : une file d’attente, un champ e-mail, une page de connexion, un questionnaire, ou les conditions d’utilisation. Cette section les parcourt dans cet ordre, avec une capture du mur là où c’est utile.

Sous chaque capture figure aussi un nom de procédé, emprunté au rapport 2022 sur les dark patterns de la FTC, le régulateur américain de la consommation, et à la typologie deceptive.design de Harry Brignull. En français, on parle d’interfaces trompeuses :

  • Action forcée. Il faut faire quelque chose sans rapport avec ce qui était proposé pour l’obtenir.
  • Information dissimulée. La condition figure sur la page, mais pas là où tu regardes.
  • Fausse urgence. Un compteur qui met la pression au lieu d’informer.
  • Allégation trompeuse. Le titre dit une chose, l’outil en dit une autre.

Rien de tout cela n’est propre aux portraits. Un balayage de 642 sites d’abonnement mené en 2024 par l’ICPEN, le réseau international des autorités de protection des consommateurs, a trouvé au moins un de ces procédés sur 76 % d’entre eux.

La file d’attente

L’écran de file d’attente de HeadshotPro : « On y est presque ! Vos portraits sont dans la file d’attente », un champ e-mail avec un bouton « Continuer avec l’e-mail », et un compteur circulaire affichant 14 minutes restantes avec un badge Suspendu

HeadshotPro. L’écran de file d’attente après l’envoi : un compteur de 14 minutes qui n’a jamais bougé, et un champ e-mail pour la sauter.

Interface trompeuse :Action forcée

La page d’accueil de HeadshotPro annonce « 1 portrait HD gratuit · Sans inscription · Sans carte bancaire » et demande un selfie. Après le selfie, elle réclame trois photos, puis ton genre, puis affiche un récapitulatif, puis ceci : « On y est presque ! Vos portraits sont dans la file d’attente. La demande est très forte en ce moment. Créez un compte gratuit pour passer devant… » À côté du texte, un compteur circulaire indique 14 minutes restantes, avec un petit badge orange : Suspendu.

Nous l’avons regardé pendant 21 minutes. Il affichait 14 tout du long. Nous avons rechargé la page ; il affichait 14. À 35 minutes, le nombre avait disparu et l’anneau affichait « On dirait que c’est chargé. ☹️ Rechargez cette page dans un moment. » Nous avons rechargé ; même texte. En 35 minutes, le nombre n’a jamais bougé. Nous avons ensuite refait l’essai à la main dans un navigateur normal : il n’a pas bougé non plus. La seule chose à l’écran qui propose de le faire bouger, c’est le champ e-mail qui crée le compte.

La fenêtre d’envoi d’Aragon : « Importer des photos. Sélectionnez et importez au moins 6 de vos meilleures photos ou selfies », un champ E-mail obligatoire, le selfie envoyé, et un bouton Générer les portraits

Aragon AI. Après une photo : au moins six photos et un e-mail obligatoire.

Interface trompeuse :Action forcée · Information dissimulée

Aragon place le même mécanisme dans une note de bas de page. La page annonce « Générez GRATUITEMENT* des portraits professionnels ». L’astérisque renvoie à une liste d’attente « susceptible d’être suspendue ou retardée selon la demande », avec les formules payantes comme moyen de la contourner. BetterPic se passe de compteur et annonce franchement 60 à 90 jours pour la file gratuite, juste à côté du « moins d’une heure » réservé aux clients payants.

Pourquoi des files d’attente ? Une place dans la file ne coûte rien à vendre. Le même GPU produit l’image en 30 secondes, qu’il tourne maintenant ou dans 12 jours. Le traitement prioritaire n’a aucun coût de production, et c’est pour ça que les éditeurs de logiciels le vendent.

Le champ e-mail

Deux outils n’ont rien demandé d’autre qu’une adresse. La page de Dreamwave comporte une zone d’envoi, un champ de prompt et un champ e-mail obligatoire, intitulé « Nous enverrons votre séance photo IA à cette adresse ». Valide sans adresse et une notification rouge répond « Veuillez saisir votre adresse e-mail. » Le « Générateur de portraits professionnels IA 100 % gratuit » de Dr. Headshot place le champ e-mail au-dessus du sélecteur de tenue et, plus bas, un tableau détaille l’offre gratuite : 1 photo, 720 px, filigrane oui, usage personnel uniquement. Un troisième outil, Aragon, demande une adresse e-mail sur le chemin du compte et des six photos, sous la même phrase à propos de l’envoi de la séance photo à ton adresse.

Une adresse ne coûte rien au visiteur, et c’est la seule chose que laisse derrière lui quelqu’un qui n’achète pas. Une adresse qui finit par acheter vaut un pack, soit 29 $ chez HeadshotPro. Nous n’en avons jamais saisi une, donc nous ne pouvons pas dire ce que ces entreprises en font. Un avis Trustpilot, plus bas, qualifie HeadshotPro – qui place le champ derrière la file d’attente – de « collecteur d’e-mails ! ». Trois autres parcours de ce registre sont bâtis autour du même champ.

Le compte, avant ou après l’envoi

14 outils sur 30 exigeaient un compte avant d’afficher quoi que ce soit. Ce qui change, c’est le moment où ils le demandent.

La page de BetterPic : le titre « Générateur de portraits IA gratuit pour des photos LinkedIn en 4K » au-dessus d’un encadré qui ne contient que Continuer avec Google, un champ e-mail, et Connexion / Inscription

BetterPic. La zone d’envoi est une zone de connexion.

Interface trompeuse :Action forcée

BetterPic et Canva demandent d’emblée : la zone d’envoi est derrière la page de connexion. Adobe Firefly te renvoie vers l’identification avant même que l’outil ne charge, et Aragon réclame le compte en même temps que l’e-mail et les six photos.

La fenêtre de Fotor « Continuez pour générer des portraits IA », avec des boutons Continuer avec Google, Facebook, Apple et E-mail, affichée après l’envoi de la photo

Fotor. La fenêtre qui s’ouvre sur Générer, après le choix des styles et l’envoi.

Interface trompeuse :Action forcée

HeadshotGen, Fotor, Remaker, AI Ease, HeadshotMaster, Cutout.pro, Media.io, YouCam et LockedIn AI demandent en dernier : tu choisis des styles, tu envoies ta photo, tu choisis un arrière-plan, et le mur apparaît sur « Générer ». Le titre de HeadshotGen annonce « 2 portraits gratuits · Aucun compte nécessaire » ; son bouton, lui, dit « Connectez-vous pour générer ». La fenêtre de Remaker affiche « Veuillez d’abord vous connecter. Première connexion : 30 crédits gratuits offerts », alors que le bouton sur lequel tu viens d’appuyer disait « Générer (8 crédits) » : 30 crédits, cela fait trois essais. YouCam fixe son plus petit pack à 30 crédits, puis promet des « crédits gratuits » à l’inscription sans dire combien.

Demander en dernier rapporte davantage à l’éditeur. Quand la fenêtre apparaît, tu as déjà choisi un style, envoyé un visage et passé deux minutes dessus. Un tunnel de commande qui réclame l’adresse de livraison avant d’afficher le total fonctionne exactement pareil.

L’outil de NoteGPT avec le selfie envoyé, un bouton Générer le portrait grisé, la ligne « 2 images gratuites par jour, puis 6 crédits premium par image », et en dessous le titre de la page « Générateur de portraits IA gratuit – rapide, illimité, sans inscription »

NoteGPT. « Illimité » dans le titre, « 2 images gratuites par jour » dans l’outil, et Générer désactivé sans compte.

Interface trompeuse :Allégation trompeuse

Deux des outils qui demandent en dernier affichent un titre que l’outil lui-même contredit. NoteGPT s’intitule « Générateur de portraits IA gratuit – rapide, illimité, sans inscription ». Son outil annonce « 2 images gratuites par jour » et grise le bouton Générer tant que tu n’as pas créé de compte.

La page d’arrivée de LockedIn AI : un bandeau « Bloquez 50 % de remise à vie – offre limitée dans le temps » avec un compte à rebours en marche, au-dessus du titre « Générateur de portraits professionnels gratuit »

LockedIn AI. Un compte à rebours « 50 % de remise à vie » au-dessus de « Générateur de portraits professionnels gratuit ».

Interface trompeuse :Fausse urgence

LockedIn AI annonce « Illimité ! » et « 0 $ », fait tourner dans son en-tête un compte à rebours « 50 % de remise à vie – offre limitée dans le temps », et place une fenêtre d’inscription après « Générer ». Nous avons lu le code de la page derrière l’horloge. Elle n’a pas de date de fin : chaque seconde, elle recalcule le temps restant jusqu’au prochain minuit local du visiteur. Quelqu’un à Tokyo et quelqu’un à Toronto voient deux horloges différentes, et chacune repart de 24 heures à minuit, tous les jours. L’offre ne se termine jamais. L’entreprise vend un copilote d’entretien d’embauche. La page de portraits sert à y collecter des inscriptions.

Le questionnaire

Supawork fait partie des sept outils qui nous ont donné une image sans compte. Il pose aussi dix questions entre le selfie et l’image :

  1. Quel est votre genre ? Homme, Femme, Enfant.
  2. Choisissez votre style. Studio, Extérieur, LinkedIn, Agent immobilier, Avocat, ERAS…
  3. Quel âge avez-vous ? Tranches d’âge.
  4. Quelle est votre couleur de cheveux ? Auburn, noir, blond, brun, gris, roux, blanc, autre.
  5. Quelle est la longueur de vos cheveux ?
  6. Quel est votre type de cheveux ?
  7. Quelle est votre morphologie ? Le selfie la montre.
  8. Portez-vous des lunettes ? Le selfie le montre aussi.
  9. Quelle est votre origine ethnique ? Liste déroulante obligatoire.
  10. Quel modèle d’IA ? Standard, Avancé.
  • Le selfie de départ : une personne synthétique aux cheveux bouclés et aux taches de rousseur, photo au téléphone, en intérieurLe selfie

    Entrée

    Envoyé tel quel, aux deux essais

  • Ce que Supawork, run 2 a renvoyé pour le selfieUne autre personne

    Supawork, run 2

    600 × 800, ≈ 36 s, sans filigrane

    Essai 2, chaque réponse accordée au selfie.

  • Ce que Supawork, run 1 a renvoyé pour le selfieUne autre personne

    Supawork, run 1

    600 × 800, ≈ 36 s, sans filigrane

    Essai 1, chaque réponse laissée sur la première option.

Nous l’avons lancé deux fois. Au premier essai, notre script a coché la première option à chaque étape, « Homme » compris, et a récupéré un homme souriant aux cheveux auburn en chemise blanche. En partie notre faute. Nous avons donc relancé en accordant chaque réponse au selfie. Il a renvoyé une femme aux cheveux raides châtain clair, à la peau claire, sans taches de rousseur, sans aucune ressemblance avec l’entrée. Deux essais, deux jeux de réponses, deux inconnus. Rien de ce que nous pouvions voir dans l’une ou l’autre image ne venait du selfie.

Payer avec ton visage

Le dernier mur se trouve dans les conditions d’utilisation. L’offre gratuite de BetterPic accorde à l’entreprise « l’autorisation d’utiliser les résultats dans notre propre communication ». Les conditions de Photo AI prennent une « licence de droit d’auteur perpétuelle, mondiale, non exclusive, sous-licenciable… irrévocable » sur les images que tu envoies, et précisent que les sommes versées ne sont pas remboursables. Chez Canva, le réglage d’entraînement de l’IA est activé par défaut sur les comptes Free et Pro. FastShot, un outil gratuit d’une vague précédente, indiquait dans sa politique que « les images des utilisateurs gratuits sont publiques, tandis que les rendus des personnes abonnées restent privés ».

Certains éditeurs disent l’inverse. Magic Hour annonce une conservation d’un jour et aucun entraînement sur les fichiers envoyés. La politique de confidentialité d’Aragon indique qu’elle interdit contractuellement à ses fournisseurs d’IA d’entraîner leurs modèles sur des données de visage. Remini affirme que les fichiers envoyés ne servent pas à l’entraînement sauf accord explicite. Impossible de distinguer les deux groupes depuis la page gratuite, parce que la page gratuite n’en dit rien.

Ce qu’en disent les gens

Trustpilot est un échantillon biaisé. Les gens mécontents écrivent des avis ; les gens satisfaits, rarement. Ce qui suit relève de l’anecdote, pas de la mesure : quelques avis que nous avons retenus parce qu’ils décrivent exactement le parcours que nous avons suivi. Voici le parcours gratuit d’Aragon, raconté par trois personnes à 16 mois d’intervalle. Avis publics sur trustpilot.com, capturés le 15 septembre 2026.

Avis Trustpilot sur Aragon AI par Andrew Robson, une étoile, 31 mars 2025, intitulé « On adore l’appât et l’entourloupe » : un résultat Google annonce GRATUIT, le parcours se termine par un paiement obligatoire, et le générateur gratuit rangé sous Ressources annonce une attente de 12 jours et 50 minutes. Aragon répond que l’essai gratuit est disponible à tout moment.

Aragon AI, mars 2025. 12 jours et 50 minutes d’attente pour l’option gratuite.

Avis Trustpilot sur Aragon AI par Angus, une étoile, 13 août 2025, intitulé « Comportement très trompeur » : photos et e-mail remis, et seulement ensuite une longue liste d’attente ou le paiement immédiat. Aragon répond qu’en raison d’une forte demande, il y a actuellement une liste d’attente.

Aragon AI, août 2025. Les photos et l’e-mail d’abord, la liste d’attente ensuite.

Avis Trustpilot sur Aragon AI par Gideon Ginger, deux étoiles, 8 juillet 2026, intitulé « Attendez 15 jours pour avoir les images gratuitement » : six selfies, inscription, autorisation d’utiliser les images, puis 15 jours d’attente à moins qu’une personne parrainée ne paie. Aragon répond qu’il transmettra le commentaire.

Aragon AI, juillet 2026. 15 jours, ou parrainer quelqu’un qui paie.

Les réponses d’Aragon confirment le mécanisme : « en raison d’une forte demande, il y a actuellement une liste d’attente ».

La deuxième série porte sur le mot gratuit : HeadshotPro, puis Magic Studio, anciennement InstaHeadshots.

Avis Trustpilot sur HeadshotPro par LG, une étoile, avril 2025, intitulé « C’est une ARNAQUE Ce n’est pas gratuit ! » : annoncé comme 100 % gratuit, rien n’y est gratuit, et l’entreprise a signalé le commentaire comme diffamatoire. HeadshotPro répond « nous ne sommes vraiment pas gratuits » avec un lien vers sa page de tarifs.

HeadshotPro, avril 2025. « C’est annoncé comme 100 % gratuit. » La réponse : « nous ne sommes vraiment pas gratuits ! »

Avis Trustpilot sur HeadshotPro par fancie, une étoile, 19 juillet 2026 : « Ça m’a fait tourner en boucle sans fin. Collecteur d’e-mails ! » HeadshotPro répond en demandant plus d’informations par e-mail.

HeadshotPro, juillet 2026. « Collecteur d’e-mails ! »

Avis Trustpilot sur InstaHeadshots par W. J. Motak, une étoile, 25 mars 2026, intitulé « Pure perte de temps ! » : un marketing très trompeur et un paiement surprise de 74 $ exigé seulement après avoir terminé tout le parcours.

Magic Studio (InstaHeadshots), mars 2026. Un paiement de 74 $ exigé après la dernière étape.

Avis Trustpilot sur InstaHeadshots par AngryBird, une étoile, 7 décembre 2025, intitulé « Appât et entourloupe » : les portraits sont corrects mais couverts de filigranes, et il faut ensuite payer 59 $.

Magic Studio (InstaHeadshots), décembre 2025. « Couverts de filigranes, et ensuite 59 $ à payer. »

Un dernier avis, de janvier 2026, affirme que le modèle ne sait pas rendre les peaux brunes, « les Asiatiques, pour être plus précis ». Nous n’avons pas testé la carnation. Notre selfie unique, c’est une seule personne ; voir les limites plus haut.

Des travaux existent sur les modèles qui font tourner ces outils. Une étude de 2024 sur Stable Diffusion XL a mesuré que les visages qu’il génère varient de 18,9 à 56 % de moins en carnation que des jeux de vraies photos. Un article de février 2026 a constaté que les modèles d’image de Gemini et d’OpenAI renvoyaient une peau claire pour plus de 96 % des prompts qui n’en précisaient aucune. Les deux études génèrent des visages à partir d’un texte seul, sans photo de référence. Un outil de portrait, lui, dispose de ton selfie comme référence – ce que ces études n’avaient pas –, donc elles ne tranchent pas la question.

Pourquoi le mur est là où il est

Un générateur de portraits gratuit est un canal d’acquisition. La page se classe sur « gratuit », le visiteur envoie un selfie, et l’éditeur décide de ce que cette visite doit rapporter.

Ce n’est pas une question de coût de l’image. Nous expliquions dans un article précédent que l’étape coûteuse – entraîner un petit modèle sur les photos de chaque client – a disparu : les modèles actuels tiennent une ressemblance à partir d’une ou de quelques photos de référence en un seul passage, et les quatre outils qui ont renvoyé la bonne personne, le nôtre compris, l’ont fait à partir d’un selfie en 7 à 45 secondes. Un portrait gratuit, c’est un appel de modèle. Aux tarifs publics de septembre 2026, cela représente 0,003 $ sur FLUX schnell, un petit modèle ouvert, chez fal.ai ou Replicate, et 0,039 $ sur Nano Banana, le Gemini 2.5 Flash Image de Google, au tarif public de l’API. Le sélecteur de modèles de Pixelbin affiche ce nom ; les chemins d’accès aux fichiers de HeadshotPro aussi. Le tarif public ne compte ni les générations ratées, ni les relances, ni la modération, ni le stockage, ni la bande passante : le vrai chiffre est plus élevé. Il reste de l’ordre du centime.

Le mur est donc le prix que l’éditeur met sur la visite, et le registre en montre trois :

  • Rien. Magic Hour, VisualGPT, Pixelbin et notre propre outil produisent l’image et parient qu’une partie des gens qui l’aiment reviendront pour la formule payante. Le résultat gratuit est l’argumentaire. La limite, c’est un quota : trois par jour, trois par mois, un par jour.
  • Un e-mail ou un compte. Quatorze outils prennent les coordonnées du visiteur avant d’afficher quoi que ce soit, et deux se contentent d’un e-mail. Ici, le produit n’est pas l’image : c’est l’adresse. Elle ouvre un canal de vente qui survit à la visite.
  • L’appât. Une file d’attente qui n’avance jamais, un « illimité » posé sur une limite de deux par jour, un compte à rebours vers rien, et six pages qui se classent sur « gratuit » sans le moindre essai gratuit. L’image gratuite n’allait jamais arriver. La page existe pour capter la recherche et la rediriger vers le paiement.

Deux conséquences. Puisque l’image ne coûte presque rien, l’offre gratuite ne porte jamais sur le coût de l’image. Elle porte sur ce que l’image a le droit de faire : être en basse définition, porter un filigrane, arriver en retard, arriver par e-mail, ou être assez bonne pour convertir. Chaque mur du registre est une décision sur ce point.

Le même canal fonctionne en amont des outils. Sur les dix pages classées sur « free AI headshot generator » au moment de notre relevé, quatre étaient des blogs d’éditeurs et quatre portaient des liens d’affiliation.

Les résultats

Sept outils ont produit une image sans compte ni e-mail. Les voici tous, à côté de l’entrée, à la même taille.

  • Le selfie de départ : une personne synthétique aux cheveux bouclés et aux taches de rousseur, photo au téléphone, en intérieurLe selfie

    Entrée

    Une personne synthétique, un selfie au téléphone

    Envoyé tel quel à chaque outil.

  • Ce que Magic Hour a renvoyé pour le selfieLa même personne

    Magic Hour

    1024 × 1024, ≈ 7 s, sans filigrane

    Sans compte. Boucles et taches de rousseur conservées. 3 par jour.

  • Ce que VisualGPT a renvoyé pour le selfieLa même personne

    VisualGPT

    1024 × 1024, ≈ 45 s, sans filigrane

    Sans compte. Plan en pied par défaut ; connexion pour enregistrer.

  • Ce que Close Enough a renvoyé pour le selfieLa même personne

    Close Enough (ce site)

    1024 × 1024, ≈ 12 s, sans filigrane

    Un par jour. Essai à la main avec une seconde prise du même selfie.

  • Ce que Pixelbin a renvoyé pour le selfieLa même personne

    Pixelbin

    1024 × 1024, ≈ 40 s, sans filigrane

    Essai à la main. Trois par mois ; la version 4096 pixels est payante.

  • Ce que Supawork, run 2 a renvoyé pour le selfieUne autre personne

    Supawork, run 2

    600 × 800, ≈ 36 s, sans filigrane

    Questionnaire accordé au selfie. Une autre femme.

  • Ce que Supawork, run 1 a renvoyé pour le selfieUne autre personne

    Supawork, run 1

    600 × 800, ≈ 36 s, sans filigrane

    Questionnaire laissé sur les valeurs par défaut. Le selfie totalement ignoré.

  • Ce que Magic Studio a renvoyé pour le selfieFond remplacé

    Magic Studio

    512 × 512, « en 3 secondes »

    Le selfie, détouré et collé sur une gare. Aucune génération.

  • Ce que AiProPortrait a renvoyé pour le selfieFond remplacé

    AiProPortrait

    1200 × 1200, instantané, dans le navigateur

    Arrière-plan supprimé et recoloré. La page le dit elle-même.

Les 23 autres outils n’ont rien renvoyé : 17 nous ont arrêtés devant un mur que nous ne voulions pas franchir, 6 n’offraient aucun essai gratuit.

Magic Hour, VisualGPT, Pixelbin et notre propre générateur ont renvoyé la personne du selfie, à notre œil : les boucles, les taches de rousseur, la carnation, la forme du visage. Le blazer et le bureau sont inventés – c’est à cela que sert l’outil. Les quatre ont lissé la peau. VisualGPT a ajouté costume et cravate par défaut, ce qui relève du choix de style plutôt que du problème de ressemblance.

Cela correspond au fonctionnement des modèles. Les outils qui ont conservé le visage l’ont fait à partir d’un seul selfie, en quelques secondes, sans entraînement propre à la personne. C’est ce que font les modèles d’image actuels, et c’est pour cela que nous pensons qu’un portrait IA devrait coûter environ 9 €. Ce qui sépare une offre gratuite d’une offre payante, c’est la taille du modèle et le nombre de photos de référence, pas une chaîne de traitement d’une autre nature. Les petits modèles conservent les traits larges et adoucissent les traits fins : c’est pourquoi les taches de rousseur survivent là où la texture de la peau disparaît.

Certains éditeurs l’écrivent sur leurs propres pages :

  • Dr. Headshot : « il se peut qu’il n’atteigne pas la qualité photoréaliste de notre service IA premium ».
  • Aragon : le générateur gratuit « n’aura pas le même photoréalisme de qualité studio que notre générateur de portraits IA professionnel ».

Rien à redire, quand c’est écrit.

Notre propre outil

Nous avons testé notre générateur comme les 29 autres ; sa ligne figure dans le registre plus haut. Le voici, pour que tu le lances sur ton propre selfie et juges le résultat toi-même.

Notre générateur gratuit

Le même outil que sur sa propre page, en fonctionnement. Ce à quoi tu t’engages avant de déposer une photo :

  • Un portrait par jour, un selfie en entrée
  • Notre petit modèle, pas celui de la formule payante
  • Sans compte, sans e-mail, sans carte bancaire
  • Jusqu’à 1K, sans filigrane, utilisable partout
  • Selfie et résultat supprimés au bout de 30 jours, jamais utilisés pour l’entraînement
  • Ensuite, on te montre la formule à 6,99 $. C’est ce qui finance tout le reste

FAQ

Quels générateurs de portraits IA gratuits fonctionnent sans inscription ?

Dans cet audit, quatre : Magic Hour (trois par jour, environ sept secondes, 1024 pixels, sans filigrane), VisualGPT (environ 45 secondes, 1024 pixels, connexion nécessaire seulement pour enregistrer), Pixelbin (trois par mois, environ 40 secondes, 1024 pixels, sans filigrane ; la version 4096 pixels est payante), et notre propre Close Enough (un par jour, environ 12 secondes, 1024 pixels, sans filigrane). Les quatre ont conservé le visage. Supawork livre lui aussi sans compte, mais pas la même personne.

Les outils gratuits mettent-ils un filigrane sur le résultat ?

Certains. Dr. Headshot annonce un filigrane et 720 pixels pour son offre gratuite. Media.io et Fotor indiquent des exports filigranés sur leurs formules gratuites. HeadshotGen présente son résultat gratuit comme un aperçu en basse définition. Magic Hour, VisualGPT, Pixelbin, Supawork et notre outil ne mettent pas de filigrane.

Un portrait IA gratuit peut-il servir sur LinkedIn ?

S’il te ressemble, oui. La règle de LinkedIn demande que la photo te ressemble, pas qu’un appareil l’ait prise. Si c’est un inconnu en costume, non – et pas à cause de la règle.

Les outils savaient-ils qu’ils étaient testés ?

Nous n’avons contacté aucun éditeur et n’avons rien saisi nulle part. Les essais étaient automatisés, ce que certains sites détectent. La note sur le dispositif et les limites plus haut précisent quelles lignes cela peut concerner.